De l’Organe de l’Âme, critique de la raison pratique

Après avoir traîné la tâche tout l’été dans mon gestionnaire de tâches, j’ai finalement accompli ce que je voulais faire depuis des mois: restaurer l’organe de l’âme avant que Tchernobyl n’explose.

Alors pour ceux qui veulent s’épargner le blabla explicatif de «qu’est-ce que c’est?» et «pourquoi ça a pris tant de temps?», vous pouvez voir le film sur studios.ecchi.ca. Sachez que c’est un film abandonné et qui n’avait été que partiellement monté, alors si vous n’y comprenez rien, vous devrez faire un pèlerinage à La Mecque, ça va de soi.

organe de l'âme

WTF is l’organe de l’âme?

Un film qui a été en production il y a presque deux ans. C’était le plus complexe (autant côté scénario pensé plus que cinq minutes et techniquement avec tournage multi caméras, perche de son, projecteurs, feux d’artifice réels) et ça a évidemment foiré en cours de route, pour diverses raisons dont je me souviens plus ou moins bien et qui ne sont pas très intéressantes à blogger.

En gros, l’histoire se résume à un groupe de CÉGEPiens qui se tourne vers le commerce de la drogue et de la prostitution juvénile pour devenir les rois du ghetto maisonneuvien en infiltrant l’association étudiante sous le masque d’une organisation bidon (le «Club Cinématographique de Maisonneuve»).

Ne me regardez pas comme ça, c’est pas un film sérieux.

Pourquoi c’est grave au point que tu blogges à propos de ça?

La raison pourquoi le nouveau studios.ecchi.ca existe est que le logiciel libre, combiné aux DVD vidéo corrompus et sauvegardes inexistantes (ou sur d’autres DVD inscriptibles, pas très futé gascon ¬_¬) m’a fait prendre conscience de la fragilité du support de nos oeuvres numériques et de l’enfermement causé par les formats propriétaires.

En bref, je fus récemment saisi d’une frénésie de tout «restaurer» nos productions cinématographiques, aussi vieilles soient-elles, et de les publier en format libre, qualité maximale, et d’avoir des triples sauvegardes redondantes (faudrait que je m’achète des disques durs moi).

Par conséquent, je me devais de sortir l’«organe» des entrailles (cette métaphore prend tout son sens maintenant) de Tchernobyl (le surnom que j’ai assigné à l’ordinateur du CCM: le plus maltraité, instable et corrompu que j’aie vu). Sauf que ça n’a vraiment pas été facile. Notre envoyé spécial, Jeffou le chat, en direct de Montréal, va nous expliquer la situation.

Sauvetage d’un montage vidéo coincé dans une souricière, à l’aide d’Ubuntu GNU/Linux

sauvetage héroïque
Je me suis infiltré hier midi au collège de Maisonneuve et, la sécurité étant toujours aussi omniprésente, j’ai pu demander à un dude que je n’avais jamais rencontré de ma vie de m’ouvrir la porte du local. Major? This is Snake. I’m at the sneaking point.

J’entre donc, je m’installe avec mon laptop, je raccorde mon disque dur externe 20 GiO à Tchernobyl. À savoir que cet ordinateur est un dual-boot Windows XP SP1 pirate totalement fucké, infecté, bordelisé, et Ubuntu 6.06. Je lance Windows, j’attends longtemps pour me taper un BSOD + reset après avoir entré le mot de passe (ah, cette bonne vieille sécurité). Je relance en mode sans échec. J’attends, encore plus longtemps, mais rendu à un certain point rien ne se passe (écran noir avec curseur de souris). Ctrl-alt-delete, le gestionnaire de tâches apparaît. Je tue internet explorer et je lance explorer.exe. Le bureau s’affiche. Blue screen of death + reset. Saloperie, je pourrai rien faire.

Je démarre sous Ubuntu pensant accéder à la partition NTFS, mais dapper n’a pas ntfs-3g (et ntfs-config). Je mets un LiveCD d’Ubuntu 7.04 et je relance, sur le LiveCD j’installe ntfs-config, je tente d’accéder à la partition de données de Windows et ça me sort des erreurs partout (et ce, après avoir tenté de faire des vérifications du disque plein de fois sous Windows). Je remonte le truc en lecture seule et ça marche. Enfin! J’ai accès aux données.

45,2 GiO. Damn! Meryl! Boss! OUTER HEAVEN!

Voyons voir. J’ai un disque dur de moins de 20 GiO dans le boîtier, un ordinateur portatif de moins de 30 GiO (95% plein). There’s no time! You’ve got to save Meryl!

Histoire courte, j’ai du effacer toutes mes données (musique, vidéos, documents, dossiers de compilation, wallpapers, photos) sur mon ordinateur portable (données qui étaient synchronisées régulièrement avec mon ordinateur de bureau, donc récupérables) et même, pour récupérer quelques poussières, désinstaller des programmes (OpenOffice, quake3, la documentation et les traductions, le cache APT).
J’ai acheté un CD-RW d’urgence, à prix de voleur (1,25$), qui au final m’a sorti des erreurs d’entrée/sortie, et j’ai utilisé ma clé USB 1 GiO (j’ai très bien fait de l’acheter celle-là) après l’avoir purgée.

Au final, rendu chez moi, j’avais un laptop à peine fonctionnel que je n’avais pas éteint (peur de ne plus pouvoir me connecter), plein à craquer, que je devais décharger le plus rapidement possible. Je vais vous épargner mes récits assez enrageants des cinq ou six méthodes différentes que j’ai essayées durant la soirée, jusqu’au point où vers une heure du matin j’ai fini par réussir à:

  • fusionner les trois sources de sauvegarde vers le disque dur 80 GiO de mes parents
  • trouver moyen de défaire le machin qui tient les disques durs dans un Dell Dimension
  • avoir la bonne idée de mettre des gants de cuir pour débrancher ces sales câbles d’alimentation de disques durs IDE
  • brancher le disque dur 80 GiO dans le boîtier USB
  • m’embêter avec les jumpers
  • brancher le disque dur 20 GiO
  • ouvrir le projet de montage, vider le 20 GiO et le re-remplir en exportant le projet sous forme «allégée»
  • faire le rendu en AVI DV (poids final: 3 GiO)

Ce matin, j’ai converti le fichier DV en OGG Theora avec ffmpeg2theora, ce qui m’a donné 50 minutes pour faire le ménage, manger, nettoyer l’aquarium, et remplir mon laptop à nouveau. C’était de loin l’étape la moins difficile.

Et pourquoi t’être cassé le tronc pareillement?

Il n’y avait pas de version en format libre (ogg theora) de la vidéo. En fait, il n’y avait pas de format visionnable du tout, à moins de disposer de l’ordinateur du CCM et de 45 GiO d’espace disque! Et je savais pertinemment que, vu la maltraitance des ordinateurs dans une association étudiante et le roulement de personnel, les données de Tchernobyl, et donc tout le travail que l’on avait mis à produire cette portion de film, seraient forcément perdues un jour ou l’autre lorsque quelqu’un lancerait un formatage sur un coup de tête.

nekohayo

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