Le problème fondamental de notre système électoral

Permettez-moi de résumer le problème fondamental de notre système électoral (le scrutin uninominal majoritaire à 1 tour) avec un simple diagramme que j’ai créé à partir des résultats de l’élection québécoise de 2014:

2014-03-07

La barre du haut correspond à ce pour quoi le peuple a voté. La barre du bas représente comment ces votes sont transformés en sièges à l’Assemblée. Résultat: on est de nouveau coincés pour quatre ans avec un gouvernement «tout puissant» dont la majorité de l’électorat ne voulait pas.

Comme si ce n’était pas déjà assez problématique en soi, ce système mène inévitablement au vote tactique (communément connu sous l’adage «Tout vote pour quiconque autre que le top 2 des candidats est en fait un vote pour le candidat #1»).

Outre le Canada, le même problème affecte les États-Unis, le Royaume Uni et autres pays sous-développés.

Et c’est pourquoi, tant qu’il n’y aura pas un mode de scrutin proportionnel, le Québec ne sera jamais un pays.

nekohayo

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4 Replies to “Le problème fondamental de notre système électoral”

  1. Cela dit, dans un système proportionnel, on aurait une coalition PLQ-CAQ qui serait nettement plus à droite.

  2. Pas forcément… On aurait peut-être des partis comme Québec Solidaire, ou le Parti Vert, Parti Pirate (s’ils étaient au provincial), le Open Source Tea Party (j’ai toujours voulu voter pour Lenny!), le parti d’anarchopanda ou, au final, n’importe quel petit parti qui n’a «jamais sa chance»… on verrait peut-être un paysage complètement différent, ne crois-tu pas?

    Et puis bon, même si le scénario que tu mentionnes venait à se réaliser… au moins ça serait ce que la majorité a décidé, et beaucoup plus honnête, motivant et utile pour la population, il me semble.

    À mon humble avis, le système actuel mène à de vieux gros partis carriéristes et sans âme, des wishy-washy fence-sitters qui n’ont pas la force de leurs convictions. C’est un peu une mauvaise farce qui mène à un cynisme assez généralisé.

  3. Le scrutin proportionnel a d’autres désavantages rédhibitoires (pas de majorité claire de gouvernement, tractations entres les politiciens après le scrutin sans que les électeurs aient leur mot à dire, etc).
    Je crois qu’un compromis raisonnable est notre système français du scrutin uninominal à deux tours. De cette façon on évite l’émiettement de la proportionnelle et en même temps les tractations se font entre les deux tours et les électeurs peuvent valider ou refuser ces alliances.

  4. Ce constat, on le fait à chaque élection municipale. Le fait est qu’il y a de cela bien des années pour avoir une majorité et probablement une politique qui avance on a décidé de filer 50% des sièges à la liste majoritaire. L’injustice est ensuite le calcul pour refiler les 50 % de sièges restants, car la majorité élue ayant déjà 50 % récolte à nouveaux d’autres sièges et pas qu’un peu.
    Je vous invite à regarder cette vidéo très drôle (enfin ça dépend).
    https://www.youtube.com/watch?v=SKHDhY7q42Y&list=UUcziTK2NKeWtWQ6kB5tmQ8Q

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